Lettre d’informations de la délégation française du groupe S&D N°203

Lutter contre la faim dans le monde : une priorité pour notre Délégation

par Murielle LAURENT

La malnutrition tue silencieusement. La faim reste l’un des défis les plus criants de notre époque. Alors que la communauté internationale s’était engagée à l’éradiquer et à garantir l’accès à une alimentation adéquate pour tous, les progrès demeurent insuffisants.

Les 27 et 28 mars 2025, je participerai au Sommet Nutrition for Growth (N4G) à Paris. Cette rencontre mondiale intervient à un moment critique : alors que les besoins humanitaires explosent et que la faim s’intensifie dans le monde, les financements diminuent de manière alarmante.  

Suite à l’arrêt soudain de l’aide humanitaire américaine, via l’agence USAID, les ONG sont confrontées, dès aujourd’hui, à des choix impossibles quant à savoir si – et à qui – elles sont en mesure de fournir de l’aide alimentaire. Des millions de personnes qui luttent pour survivre sont et seront touchées. Cette situation n’est pas tolérable. Face une telle instabilité, l’UE et ses États membres, dont la France, ont plus que jamais un rôle décisif à jouer. L’UE doit s’affirmer comme partenaire fiable, stable et axé sur des valeurs d’entraide et de solidarité. Nous devons être à la hauteur car ce sont des millions de vies qui sont en jeu. 

Il est également urgent pour l’UE de renforcer l’alignement entre aide humanitaire et développement pour assurer un impact durable. La sécurité nutritionnelle ne peut être garantie sans des systèmes alimentaires résilients, une gouvernance efficace et un soutien accru aux populations les plus exposées, notamment au Soudan, où se déroule la crise humanitaire la plus importante et la plus dévastatrice au monde. Environ la moitié des 50 millions d’habitants du Soudan souffrent de faim aigüe. 1,5 million sont au bord de la famine. L’insuffisance des actions internationales et des efforts diplomatiques aggrave l’agonie du peuple soudanais. L’UE doit garantir un financement suffisant pour l’aide humanitaire à la hauteur de l’ampleur de la crise au Soudan, et surtout faire pression sur les acteurs du conflit, y compris étrangers, pour rétablir la paix au Soudan.

Autre enjeu : l’accès humanitaire. À travers le monde, l’espace humanitaire, se rétrécit dangereusement. Dans les zones de conflit, des obstacles administratifs et le non-respect du droit international humanitaire entravent l’accès des ONG aux populations les plus vulnérables. Sans une action politique et diplomatique renforcée, la situation ne fera qu’empirer. L’Union européenne doit renforcer son rôle de leader en diplomatie humanitaire, financer et protéger l’espace humanitaire pour garantir que l’aide parvienne aux plus vulnérables. 

Enfin, il est temps d’écouter ceux qui sont en première ligne : les organisations locales, les communautés, la société civile. Elles sont les mieux placées pour comprendre les besoins et adapter les solutions aux réalités du terrain. Nous devons notamment travailler ensemble pour assurer une meilleure inclusion des populations marginalisées, en particulier des femmes et des enfants. 

Le Sommet N4G ne doit pas être un énième rendez-vous diplomatique mais doit servir d’électrochoc et marquer un tournant. La malnutrition est une urgence. Elle doit être traitée comme telle. L’heure n’est plus aux demi-mesures, ni aux discours, mais bien à l’action. L’Union européenne doit faire de la nutrition une priorité et agir dès maintenant pour sauver des millions de vies et construire un avenir plus juste. L’inaction n’est pas une option et vous pouvez compter sur nous pour mener ce combat !