Les annonces du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, visant à limiter les exonérations des droits d’inscription pour les étudiant·es extra-communautaires, traduisent un choix politique clair : faire payer les étudiant·es pour compenser le désengagement de l’État.
Faute de volonté d’engager un budget à la hauteur pour l’enseignement supérieur et la recherche, le gouvernement cherche à faire les poches des étudiant·es en commençant par les étudiant·es internationaux. Cette logique n’est pas et ne sera jamais acceptable.
C’est une faute politique, à court comme à long terme et cela traduit une absence de vision claire et ambitieuse du rôle de l’enseignement supérieur pour une société. En restreignant l’accès à nos formations, la France prend le risque de réduire son influence dans le monde et de se priver de ce que les étudiant·es venu·es de l’étranger apportent à notre pays : diversité des savoirs, vitalité scientifique, liens durables entre sociétés.
Cette décision est un choix profondément injuste. En généralisant des droits d’inscription élevés pour près de 90 % des étudiant·es extra-communautaires, le gouvernement organise une sélection par l’argent, réservant de fait l’accès à l’enseignement supérieur à celles et ceux qui en ont les moyens. Elle aura un effet d’éviction particulièrement marqué pour les étudiant·es issu·es des pays les plus modestes.
Enfin, elle constitue un nouveau coup porté à l’autonomie des universités. Depuis 2019, plus des trois quarts des établissements avaient fait le choix de ne pas appliquer ces frais, malgré un sous-financement chronique, refusant de faire peser ce manque de moyens sur les étudiant·es. Comme l’a rappelé France Universités, cette réforme réduit brutalement les marges de manœuvre des établissements, en contradiction avec les principes mêmes de leur gouvernance.
Rien ne permet de penser que cette mesure répondra aux difficultés structurelles de l’enseignement supérieur. Elle ne saurait constituer une réponse au sous-financement chronique des universités, largement dénoncé par l’ensemble des acteurs du secteur.
Le Parti socialiste réaffirme son opposition à ce que le financement de l’enseignement supérieur repose davantage sur les droits d’inscription des étudiant·es.
L’enseignement supérieur et la recherche doivent rester accessibles à toutes et tous. L’investissement public doit garantir leur financement.
Nous demandons au Ministre d’abandonner ce tour de force et nous demandons au gouvernement un réel engagement de l’État à la hauteur des enjeux.
