Les socialistes se réjouissent de l’accord signé ce samedi à l’aube à Bougival entre le Gouvernement, les indépendantistes et les non-indépendantistes calédoniens. Il marque un engagement partagé sur un nouveau statut du territoire inscrit dans la Constitution de la République française.
Le Parti socialiste salue le courage et l’esprit de responsabilité des signataires, qui, au terme d’un dernier round intense de négociations de 9 jours, sont parvenus à un accord prolongeant l’esprit des accords historiques de Matignon de 1988 et de Nouméa de 1998 qui avaient initié un processus inédit et innovant de décolonisation et d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie.
Tout aussi inédit et innovant en reprenant les prémices des discussions engagées en mai dernier à Deva, l’accord de Bougival prévoit la création de « l’Etat de Nouvelle-Calédonie » au sein de la République qui disposera d’une « loi fondamentale » à élaborer et pourra être reconnu par la communauté internationale. Une nationalité calédonienne sera créée et les Calédoniens bénéficieront d’une double nationalité, française et calédonienne, à laquelle ils ne pourront renoncer à l’une sans renoncer à l’autre.
Après les violences de mai 2024, résultant d’une gestion politique désastreuse des questions institutionnelles calédoniennes par le gouvernement français dans un contexte économique et social local explosif, cet acte de confiance de tous les partis politiques calédoniens est d’autant plus remarquable. Il a nécessité des concessions importantes des indépendantistes comme des non-indépendantistes. Il a été rendu possible par un retour de l’État à son rôle de médiateur impartial.
Cet accord global confie désormais au Congrès de la Nouvelle-Calédonie un rôle pivot dans l’évolution vers le futur statut du territoire, privilégiant ainsi une solution éminemment politique au blocage de ces dernières années, comme n’ont cessé de le proposer les socialistes, fidèles aux engagements des Premiers ministres Michel ROCARD et Lionel JOSPIN. Les prochaines élections provinciales, reportées selon les termes de l’accord à juin 2026 avec un corps électoral légèrement élargi, seront ainsi déterminantes pour la bonne mise en œuvre des engagements pris.
D’autres étapes capitales restent à accomplir dans les prochains mois : en particulier un travail de pédagogie pour faire accepter sur place le compromis aux indépendantistes et aux non-indépendantistes, dans la perspective de l’approbation de l’accord des Calédoniens en février 2026 ; et un vote du Congrès à Versailles cet automne pour modifier la Constitution.
Le Parti socialiste fera sa part pour que cette solution politique pérenne et ses indissociables volets économiques et sociaux permettent à la Nouvelle-Calédonie de reprendre enfin la construction de son projet de société et aux Calédoniens de faire peuple.
