Communiqué de presse du 27 mars 2020 de la délégation socialiste française au Parlement Européen : Lettre d’informations de la gauche sociale et écologique au Parlement européen N°23

 
Lettre d’informations de la délégation de la gauche sociale et écologique au Parlement européen
Numéro 23 – 27 mars 2020
  COVID-19 : comment rebondir ? Alors que le virus continue de se propager dans le monde, que de nombreuses populations vivent actuellement confinées, que les personnels de santé poursuivent leur courageuse mobilisation et que les économies tournent au ralenti, les défis que nous pose le Coronavirus vont nous obliger à repenser notre quotidien, nos habitudes, comme les pratiques économiques et sociales. Cette crise sanitaire doit mener à un changement à grande échelle.

Après un retard à l’allumage et une absence flagrante de stratégie européenne face à cette crise sanitaire, les institutions européennes ont fini par se coordonner et coopérer ensemble. D’abord en faisant face à l’urgence de l’approvisionnement en matériel médical. Elles ont réagi ensuite, sur le champ économique et financier en faisant notamment sauter les verrous de l’orthodoxie budgétaire : face à la crise sociale qui menace, avec des économies qui seront exsangues après la crise sanitaire, l’action de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et des États membres était indispensable ; elle devra être renforcée.

Notre Délégation a plaidé également très tôt pour que le Parlement européen assume son rôle plein et entier dans ce contexte de crise, en développant des idées et en adoptant en urgence cette semaine trois propositions phares de la Commission européenne visant à lutter contre les effets du COVID-19 en Europe.
 Dans le même temps, nous avons demandé l’accélération des mesures sociales – comme le système européen de garantie chômage – et regarderons de près l’arrivée des soutiens auprès des destinataires finaux.
Cette crise doit nous obliger à réagir.

Restriction de la liberté de mouvement, remise en question des pratiques financières libérales, anxiété individuelle et collective en matière de santé, notre quotidien se trouve profondément bouleversé. Ce changement nécessaire passera par plus d’investissements dans notre modèle de santé et de prévention, par plus d’autonomie européenne en matière de production – notamment de médicaments – et de circuits d’approvisionnement.

Le challenge collectif est immense tant sur les plans économique, social, environnemental et politique. Tirons collectivement les leçons de cette crise et agissons maintenant ! Lire notre communiqué 
“Il faut revenir à une économie du bon sens” La pandémie du Covid-19 démontre avec force l’incompatibilité du modèle néolibéral avec les enjeux écologiques, sanitaire, et de sécurité mondiaux. Il faut impérativement revoir le sens des priorités de notre modèle économique : recentrer urgemment l’UE et ses États sur la protection du vivant. Réinvestir les services et les infrastructures publiques à travers un programme d’investissement massif dans le cadre du Green Deal, protéger les salariés à travers un dispositif d’employeur en dernier ressort, poursuivre l’action de la Commission et de la BCE en levant le tabou sur les eurobonds et en faisant la promotion d’un hélicoptère monétaire.

Entretien avec Aurore Lalucq sur les enjeux économiques de la crise du coronavirus
Vidéo d’Aurore Lalucq sur les enjeux économiques de la crise du coronavirus
Protéger l’emploi et mettre la BCE au service du bien commun Tous, nous sommes sidérés par la violence de la crise sanitaire… N’étant ni médecins ni infirmiers, nous travaillons comme député-es pour donner le maximum de moyens aux services publics et protéger l’emploi. Construire un Bouclier Emploi européen, c’était l’une de nos propositions durant la campagne des européennes. Je travaille sur ce projet avec Nicolas Schmit.
Pour éviter l’effondrement, il faut aussi pousser la BCE à aller plus loin pour investir dans l’économie réelle et casser la spéculation. Court-circuiter les marchés financiers et financer les Etats à 0 % ? Oui, c’est possible ! C’est ce que nous proposions déjà avec Michel Rocard.
Mesures d’urgence de la Commission européenne : un vote de solidarité historique Ce 26 mars était un jour inédit pour l’Europe. En solidarité j’ai voté :
POUR 800 millions d’€ supplémentaires au FSUE étendu aux crises de santé publique.
POUR l’arrêt des «vols fantômes» stoppant cette hérésie écologique et économique.
POUR 37 Md€ au titre de la politique de cohésion, directement aux territoires, bien qu’il s’agisse d’un redéploiement de fonds existants.
CONTRE tout amendement qui prolongerait inutilement les délais de ces aides dans nos territoires. Un vote de solidarité… historique.
Le marché unique européen à l’heure du coronavirus Dans le contexte de crise mondiale du Coronavirus, au sein de la plupart des pays de l’Union européenne, le confinement des populations s’organise mettant un point d’arrêt au fonctionnement habituel de nos sociétés. Mais il est néanmoins essentiel que la continuité de certains secteurs soit assurée. Tel est le cas du marché intérieur de l’Union européenne, espace où circulent librement les marchandises, les services et les capitaux – et normalement les citoyens !-, qui est l’une des grandes réussites de l’Union européenne et qui doit continuer à fonctionner pour contribuer à la lutte contre le virus du COVID-19. Pour en savoir plus
Des mesures européennes qui en appellent d’autres Premier vote à distance de l’histoire du Parlement européen, confinement oblige. Nous avons voté un budget de 37 milliards € pour la lutte contre le Coronavirus, l’extension du fond de solidarité aux crises sanitaires, et la fin des vols fantômes. 3 mesures importantes mais qui doivent être suivie par d’autres: davantage de solidarité et de cohésion entre les États, meilleure prise en compte des besoins de santé, plus de flexibilité financière, mise en place des outils de relance : les citoyens n’en attendent pas moins et ils ont raison ! Pour en savoir plus
Face à cette pandémie, l’UE doit apprendre des réponses ayant fait leurs preuves Cette semaine j’intensifie mes échanges avec les responsables de pays parvenus à endiguer la pandémie plus tôt et efficacement que nous Européens.
J’ai consulté longuement l’ambassadeur de Taïwan auprès de l’UE, ainsi que son homologue sud-coréen. La transparence et une communication instantanée avec les citoyens, une réorientation anticipée des capacités industrielles et un dépistage massif ont permis de limiter la transmission du virus.
Ces consultations, ainsi que le dialogue étroit avec mes collègues italiens et espagnols, permettent d’interpeller de manière constructive les autorités françaises et européennes sur notre propre gestion de crise.