Communiqué de presse du 15 novembre 2019 de la délégation socialiste française au Parlement Européen : Retour sur l’audition du futur commissaire français

Retour sur l’audition du futur commissaire français Après avoir passé de justesse le filtre de la commission des affaires juridiques (JURI), Thierry Breton a été auditionné sur le fond par les commissions parlementaires du marché intérieur, de l’industrie, des affaires juridiques et de la culture.  À l’évidence, l’expérience du candidat ne fait pas l’objet de discussion. Il a d’ailleurs délivré sa réponse la plus efficace en indiquant qu’il avait préparé cette audition en privilégiant 10 jours de rencontres avec des députés européens plutôt qu’avec ses futures directions générales. Toutefois, on relèvera quelques raisonnements curieux : interrogé sur la protection des travailleurs des plateformes du numérique, il a plaidé pour la protection des règles actuelles, ce qui n’est pas satisfaisant. Sur d’autres questions, les réponses n’ont pas été assez précises, qu’il s’agisse de la taxe carbone aux frontières, sur la directive Services, ou sur le renforcement de la dimension sociale dans les politiques européennes. Nous aurions voulu des opinions et des engagements plus nets, que nous n’avons pas eus. Pour Sylvie Guillaume, membre de la commission du marché intérieur et cheffe de la délégation socialiste française : « sa prestation n’a pas levé les zones grises préalablement identifiées sur les conflits d’intérêt ». En effet, Thierry Breton sera à la tête d’un portefeuille chevauchant largement les secteurs des sociétés qu’il a dirigées au cours de sa carrière. Le candidat a mentionné qu’il respectera le code de conduite de la Commission européenne qui stipule qu’un Commissaire a l’obligation d’éviter toute situation susceptible de donner lieu à un conflit d’intérêt. Mais il a indiqué qu’il ne se déporterait sur aucun dossier – à l’exception de décisions financières directes à prendre sur ses anciennes sociétés. Il n’exclut donc pas d’être directement en décision sur les financements des secteurs de la défense, de l’espace et du numérique. Ce n’est pas à la hauteur des attentes quand, dans le même temps, il n’a rien dit de sa conception de ses pratiques vis-à-vis des lobbies. L’eurodéputée Sylvie Guillaume ajoute, « Dans ce grand oral, les intérêts publics et les intérêts privés étaient entremêlés et il n’y a eu aucun engagement concret pour les cinq années à venir, à part une promesse de « rigueur ». C’est pourtant fondamental quand on s’apprête à diriger un portefeuille qui couvre tant de dossiers stratégiques. »