À l’occasion de la Journée internationale contre les LGBTQIphobies, le Parti socialiste rappelle une vérité simple : partout où progressent les régimes autoritaires, les nationalismes et les extrêmes droites, les personnes LGBTQI+ deviennent des cibles désignées.
Humiliées, discriminées, agressées, emprisonnées, parfois tuées simplement parce qu’elles aiment, parce qu’elles existent, parce qu’elles refusent de se cacher : dans trop de pays encore, les personnes LGBTQI+ vivent sous la menace permanente de la haine et de la répression.
Les situations diffèrent d’un pays à l’autre, et nul ne peut mettre sur le même plan une démocratie européenne, un régime autoritaire et une dictature. Mais partout où progressent les forces réactionnaires, les droits des personnes LGBTQI+ deviennent des cibles politiques assumées.
En Russie, la répression des personnes LGBTQI+ s’inscrit désormais dans une logique autoritaire globale. En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni remet en cause les droits des familles homoparentales et nourrit une offensive conservatrice contre les questions de genre. Au Sénégal, les personnes LGBTQI+ continuent de vivre sous la menace de poursuites pénales, d’arrestations, de violences sociales et d’humiliations publiques, dans un climat où les discours de haine se banalisent jusque dans le débat politique.
Partout, ces offensives ont un point commun : elles prospèrent sur la désignation de boucs émissaires, le contrôle des corps et la restriction des libertés ; elles ne sont jamais isolée ; elles accompagnent toujours un affaiblissement démocratique plus large. Car lorsque les droits fondamentaux reculent pour certaines et certains, c’est toujours la démocratie tout entière qui vacille.
La France a connu des avancées importantes ces dernières années : mariage pour tous, adoption, interdiction des thérapies de conversion. Mais nous aurions tort de croire le progrès irréversible.
Dans notre pays aussi, les agressions LGBTQIphobes augmentent. Des jeunes continuent d’être rejetés par leur famille. Les personnes trans affrontent encore des parcours administratifs humiliants. Et sur les réseaux sociaux comme dans certains médias, les discours de haine se banalisent sous couvert de prétendues « valeurs traditionnelles » ou de détournements des principes républicains.
Le Parti socialiste refuse cette banalisation.
Nous affirmons que les droits LGBTQI+ sont des droits humains fondamentaux. Ils relèvent pleinement du combat républicain pour l’égalité, la dignité et l’émancipation.
C’est le sens des engagements que nous portons :
• renforcer concrètement la lutte contre les violences et discriminations LGBTQIphobes en donnant à la DILCRAH un véritable statut d’autorité indépendante et des moyens propres, en imposant davantage de modération aux plateformes numériques face à la haine en ligne et en renforçant les outils statistiques et les actions de groupe contre les discriminations ;
• garantir partout sur le territoire un accès effectif aux droits, à la santé, à la justice et à la protection, notamment par la formation des forces de l’ordre, des personnels de justice, de santé, de l’éducation et des services publics à l’accueil des victimes ;
• reconnaître pleinement les droits des personnes trans, dans le respect de leur dignité et de leur autodétermination de genre ;
• garantir un accès à la PMA sans discrimination ;
• renforcer l’éducation à l’égalité, à la vie affective et au respect, en assurant partout l’application effective des trois séances obligatoires d’EVARS pour tous les élèves ;
• développer des solutions d’accompagnement et de mise à l’abri pour les jeunes victimes de ruptures familiales et renforcer les moyens des associations qui les accompagnent ;
• obtenir l’interdiction des thérapies de conversion dans toute l’Union européenne ;
• augmenter durablement les moyens accordés aux associations, premier rempart dans la lutte contre les LGBTQIphobies.
Le Parti socialiste continuera de porter ce combat aux côtés des associations, sans ambiguïté, sans relativisme et sans hiérarchie entre les droits.
