CP Le Parlement européen adopte la réforme du filtrage des investissements étrangers

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui en séance plénière la réforme du règlement sur le filtrage des investissements directs étrangers dans l’Union européenne. Ce texte a été négocié sous la conduite de Raphaël Glucksmann.

En finir avec la naïveté

Pendant des années, nous avons laissé des acteurs étrangers – parfois directement contrôlés par des États hostiles – s’emparer d’entreprises innovantes, de ports, d’aéroports, de réseaux de communication. Non par négligence, mais par aveuglement : l’illusion que l’ouverture des marchés valait en elle-même, sans égard pour les intentions de ceux qui en profitaient.

Avec ce règlement, cette page est tournée. Tous les États membres seront désormais tenus de mettre en place un mécanisme de filtrage et de contrôler les investissements dans les secteurs stratégiques – parmi lesquels la défense, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, les infrastructures critiques ou matières premières critiques. Ils devront se concerter pour s’assurer qu’un investissement chez l’un ne met pas en péril la sécurité de tous.

Une ambition portée, une bataille à poursuivre

Ce texte n’est qu’une étape. Nous dévons évaluer les investissements non seulement sous l’angle de la sécurité nationale, mais aussi de leur valeur ajoutée : créent-ils de l’emploi en Europe ? Contribuent-ils à combler notre retard technologique ? Renforcent-ils nos chaînes de valeur ?

Face à la résistance du Conseil, ces positions n’ont pas pu être intégrées dans ce texte. Mais elles ne sont pas perdues : à notre insistance, elles figurent désormais dans le projet de règlement sur l’Accélérateur industriel, sur lequel les travaux débutent, menés par notre collègue Pierre Jouvet.

Avec ce texte, nous mettons donc fin à un pan de la naïveté européenne. Certains États étrangers cherchent à nous affaiblir. Nous tournons la page de l’aveuglement des États membres qui laissaient des acteurs s’emparer de secteurs sensibles de notre économie. Mais notre travail sur les investissements étrangers n’est pas terminé, le combat pour l’indépendance et la souveraineté de l’Europe continue !