COMMUNIQUÉ DE PRESSE | REVALORISATION DU SMIC AU 1ᵉʳ JANVIER 2026 : UN GESTE MINIMAL, LOIN DES BESOINS DES TRAVAILLEURS

Le gouvernement a annoncé la revalorisation du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, avec une hausse annuelle de 1,18 % seulement. Cette augmentation, qui résulte du mécanisme légal d’indexation, portera le SMIC horaire brut à 12,02 € et le SMIC mensuel brut à 1 823,03 € pour un temps plein (soit environ 1 443 € net par mois), sans coup de pouce supplémentaire de l’État !  

Cette évolution – mécanique, minimale et strictement liée aux formules de calcul prévues par la loi – ne répond pas à l’urgence sociale que vivent les travailleurs et travailleuses les plus modestes. Face à la hausse persistante du coût de la vie, une augmentation technique de 1,18 % ne suffit pas à restaurer le pouvoir d’achat, et les gains réels restent dérisoires : un peu plus de 20 € brut par mois pour un salarié à temps plein.  

Nous regrettons profondément que le gouvernement n’ait pas saisi l’occasion d’accorder un coup de pouce significatif au SMIC, alors même que la question du pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour des millions de ménages. Sans une revalorisation ambitieuse, le SMIC continue de peiner à assurer une vie digne à celles et ceux qui travaillent.  

Cette décision illustre une tendance qui consiste à traiter les salaires comme une variable d’ajustement mineure plutôt que comme un levier essentiel de justice sociale et de cohésion démocratique. La question du renforcement du salaire minimum, de la revalorisation générale des salaires et de la réduction des inégalités doit être remise au centre du débat public, au-delà des seuls mécanismes automatiques.

Nous appelons à une conférence nationale sur les salaires et les conditions de travail pour engager :

  • ⁠Une revalorisation, au-delà des strictes obligations légales, qui permette de porter le SMIC à 1 600 euros
  • Une nouvelle politique salariale favorable au pouvoir d’achat, coordonnant mieux le SMIC et les conventions collectives
    Un encadrement des basses rémunérations dans les branches et entreprises,
  • Une meilleure prise en compte de l’utilité sociale des métiers – dont les métiers du soin et du lien.

Le travail doit payer. C’est une exigence de justice sociale et une condition indispensable pour garantir un avenir économique et démocratique plus solide pour tous.