Commission “transition écologique” – 22 janvier 2016

Le 22 janvier 2016, dans les locaux de la Fédération 63, se réunissait pour la première fois la nouvelle commission “transition écologique” de la fédération, en présence d’une douzaine de militants.

 

A cette occasion, notre ami Henri Landes, chargé de mission “transition écologique” auprès de l’Assemblée nationale, a accepté de venir nous entretenir de la récente COP21 et des accords qui en ont résulté. Cette session était plus conçue comme un échange et une discussion sur la problématique générale de la nécessité de la mise en œuvre de la “transition écologique” en général, et de la COP21 (21ème COnférences des Parties sur le climat) en particulier. Cette discussion, relativement longue et fournie, souvent passionnante, s’est déroulée en deux grandes parties.

 

La première pour rappeler, ou pour montrer, les évidences de l’origine humaine de ce que l’on appelle “réchauffement climatique” ou “changement global” à l’échelle des 150 dernières années : développement des activités industrielles sur la base de la consommation des énergies fossiles, changement en profondeur des pratiques agricoles, modifications anthropiques de l’environnement, augmentation de la température moyenne du globe, élévation du niveau des océans … et le constat que le “climatosepticisme” (ceux qui croient que ce changement global n’est pas causé par les activités humaines) a pratiquement disparu de nos jours.

Il n’empêche que si la conscience collective de la responsabilité humaine est de plus en plus forte, il faut bien constater que, déjà au niveau actuel, la situation génère des effets inattendus auxquels les sociétés humaines devront d’ores et déjà faire face. Ce sont par exemple les flux migratoires qui en découlent, l’adaptation nécessaire des activités agricoles ou encore une modification pratiquement inéluctable de nos systèmes de production et de consommation de biens de part la raréfaction des ressources …

 

La seconde partie de la discussion a été plus particulièrement orientée sur les objectifs et les résultats de la récente COP21, dont on peut se réjouir, tout en regrettant que cette conférence ait traité uniquement les aspects “émission de gaz à effet de serre” ( GES : ceux qui sont responsables du réchauffement global), alors que beaucoup d’autres mériteraient également d’être pris en compte. Il faut néanmoins constater que la simple réduction des émissions de GES peut et doit avoir des répercussions positives sur les autres aspects.

Le premier constat nécessaire est d’avoir tiré les leçons des échecs des précédentes Conférences sur le climat. Les conférences passées ont tenté de “faire passer” des accords contraignants pour les différentes Parties (ou les différents “pays” concernés), et en particuliers pour les pays les plus producteurs de GES, à savoir les Etats Unis, la Chine et l’Europe. Nous nous rappelons tous des propos du Président Bush à l’époque : “le mode de vie des américains n’est pas négociable”.

Il s’agissait donc d’une démarche “descendante”, tentant d’imposer aux parties un accord contraignants, avec les échecs qui s’en sont suivis.

L’originalité et la nouveauté de la démarche de la COP21, est d’avoir inversé le processus, c’est-à-dire d’avoir compilé les intentions des parties, plutôt que de vouloir imposer un accord unique. Et c’est sans doute la clé de la réussite de cette conférence : engranger les contributions individuelles des Etats, qui a mené à une signature globale de ces accords, avec un objectif de ne pas dépasser 2°C de réchauffement global, voire 1,5°C (on notera au passage que nous en sommes déjà à une élévation de température de 0,8 à 1°C aujourd’hui par rapport à la température moyenne du globe au début de la “révolution industrielle”). Ce résultat provient très certainement d’une attitude intelligente des principales parties, comme les Etats Unis par exemple, dont le Président actuel sait qu’il n’aurait pas eu les moyens de faire ratifier un accord contraignant par son Sénat, aujourd’hui encore majoritairement Républicain et hostile à tout ingérence dans l’économie américaine.

 

Il y a donc lieu d’accueillir avec optimisme les résultats obtenus à Paris en décembre 2015, même si ces accords ne prendront effet qu’en 2020, avec une clause de revoyure annuelle pour ajuster les contributions de chacun. Sans nul doute un pas important a-t-il été fait dans la voie de la transition écologique.

 

En espérant que cette réunion aura donné satisfaction à l’ensemble des participants et que ce compte rendu sera utile à l’ensemble des militants, en attendant d’aborder d’autres sujets dans les prochaines réunions.

 

Gilles PÉTEL

Animateur de la commission